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Nikolaj Sejdic - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: AB IRATO | Kath'    Dim 10 Aoû - 20:29


ab irato


Ramènes toi. Tu trembles. Tu écris ton message, et tu trembles. Ta tête tourne, ton estomac se retourne, tu transpires, tu te crispes. Tu ne t'es pas regardé dans le miroir, mais tu aurais du. Tes yeux sont rouges, et tu as le regard d'un camé. Mais tu ne l'es pas, tu n'en as jamais pris, de ces merdes de cachetons. Tu ne fais que boire. Qu'est-ce que ça peut faire ? Ça fait deux ans que t'as arrêté complètement... sauf parfois. Certains soirs, c'est plus dur que d'autres. Aujourd'hui, tu as perdu. Tous les jours, tu te bats contre la mort. Tous les jours, tu luttes contre elle, la grande faucheuse, beaucoup plus grande que toi. Mais aujourd'hui, tu as perdu. Et tu as du le dire, toi-même, à sa femme. Une blonde, grande et fine. Et ça t'as rappelé. Ça t'a tout ravivé. Alors tu n'as pas regardé le verre. Tu l'as bu, d'un trait, d'un seul coup... Et à présent, ton sang n'est plus rouge. Il est d'une étrange couleur, mélange de vodka et de whisky ; un espèce de marron délavé crado, comme la substance étrange que tu as vomi dans cette ruelle en rentrant chez toi en titubant.

T'as essayé de te nettoyer, te rafraîchir, mais là, t'as pleuré. Tu t'es vidé de tout le peu d'eau qu'il restait encore dans tes yeux. T'as frappé les carreaux jusqu'à en fissurer deux dans l'angle. T'as éclaté le porte savon dans le bac de douche. T'as même pas pris le temps de te sécher, et tu n'as enfilé que ton caleçon sale. Tu devrais avoir froid, mais tu es juste énervé. Tu es furieux, contre toi, contre l'univers, contre la silhouette qui passe parfois devant tes paupières lorsque tu fermes les yeux. Tu te hais pour ça, tu te dégouttes. Et tu frappes quelque chose, devant toi. Le canapé, le placard, tu t'en fiches. Tu te mets à saigner, juste là, entre ton index et ton majeur, mais tu t'en fiches. Tes yeux sont secs, tu n'arrives même plus à pleurer et tu n'as pas mal, de toute façon. Tu auras mal demain, lorsque tu auras la gueule de bois. Lorsque tu auras un marteau piqueur dans la tête, du plomb dans les jambes, une roulette russe dans l'estomac, et des fourmis dans les doigts.

Et finalement, tu as écris ce message. Tu as besoin de faire quelque chose de tes dix doigts. Tu as besoin d'Elle, Elle qui est si loin, a changé, continué sa vie loin. Mais tu ne peux pas... Alors tu as écris. Tu as envoyé ce message, sans considération. Tu as du te relire dix fois de suite, pour être sur d'être compréhensible, de ne pas laisser Rzlebrs tpi, qui aurait été plus difficile à comprendre. Et tu as eu l'impression d'attendre une heure, là, en train de trembler sur ton téléphone, adossé contre le mur, juste à côté de ta porte d'entrée. Alors tu as été dans ton répertoire, et tu as failli ne pas appeler la bonne personne, mais quand la messagerie s'est enclenchée, tu as compris que tu ne t'étais pas trompé. « Kath. Viens chez moi. Maintenant. ... » Tu as eu un haut le cœur, et puis tu t'es à peine redressé. « Ça fait deux heures que j't'attends. Dépêches. » Et tu as raccroché, avant de jeter le T.E.L. quelque part sur le canapé.

Et tu ne pouvais plus pleurer. Ce qui ajoutait à ta colère. Tu étais parti de l'hôpital sans dire un mot, sous le regard de l'infirmière de bloc qui t'avait regardé fermer le visage, comme à chaque fois que tu dois prononcer les mots heure du décès. Ça fait pourtant partie du métier, de perdre face à la mort. Mais tu étais là, brisé, crispé. Tu es allé au bar, et tu as descendu le premier verre. Et depuis, tu n'arrives pas à te souvenir pourquoi tu as mal à la tempe, et aux côtes. Pas bien mal, mais c'est lancinant, continu. Si tu t'étais observé dans un miroir, tu aurais vu les deux hématomes, l'un sur ta pommette droite, l'autre sur tes côtes gauches. Rien de grave en soit, mais tu as cogné sur un gars, qui s'est pas laissé faire - du moins, un petit moment. Mais tu avais perdu face à la mort, alors il te fallait gagner face à quelqu'un d'autre. Et tu l'as mis à terre, dans cette ruelle, avant de vomir contre le mur.

Et depuis, tu attends, en tremblant. Là, dans ton appartement, dans les montagnes russes, partagé entre vallée de désespoir et sommet de colère. Tu passes de l'un à l'autre, plus rapidement qu'un maniaco-dépressif. Tu as besoin de te lacher. D'expulser ce venin qui pulse dans tes veines. Tu te rends compte que tu mâchouilles quelque chose... un chewing-gum à la menthe, que tu craches dans la corbeille à côté de toi. Dépêches. Dépêches. Dépêches. Et finalement, après ce qui te semble une éternité, ça sonne. La porte sonne. Alors tu tends le bras, tu te redresses en grimaçant, et tu ouvres la porte. Là, en caleçon. Et tu pourrais presque passer pour vulnérable sans cette expression fermée, bloquée, où se lit une colère sans fin.



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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Dim 10 Aoû - 21:42


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T’es à peine casse-pieds, sérieusement. Les gens honnêtes dorment, à cette heure-là. Et c’est d’ailleurs certainement pour ça que je me retourne dans mon lit en ignorant ton message. Je sais ce que tu veux, je sais pourquoi tu veux que je vienne, mais tu vas devoir contenir ta libido grandissante jusqu’à demain, au moins. Mais j’ai beau dire, je sais que je ne me rendormirais pas. J’ai beau essayer de me glisser une fois de plus sous mes draps, le sommeil ne reviendra pas. J’attends que tu m’appelles, à vrai dire. J’attends de voir si tu as vraiment besoin de moi. Si tu es dans l’une de ces phases où seule une nuit de plaisir charnel est capable de venir à bout de ton esprit complètement détraqué. J’appréhende, parce que j’en suis persuadée. Dans quel foutu état je vais te retrouver ? C’est à croire que tu te plais dans cette autodestruction. Que tu aimes malmener ton corps de toutes les façons.

Et c’est sur ces pensées que je finis par m’extirper de mon lit pour aller me préparer. Alors que tu ne fais que confirmer mes doutes en finissant par m’appeler. Un jean, un débardeur, un blazer, et je m’empare de mon T.E.L pour consulter ma messagerie et écouter le message que tu y as laissé. Tu vas mal, pas vrai ? Je l’entends. Et le fait que tu aies vu ces presque trente minutes s’écouler comme si elles en avaient été cent vingt ne fait que me conforter dans l’idée que je vais te retrouver dans un état pitoyable. Pourtant, ça ne m’empêche pas de quitter ma chambre, puis maison. À l’heure qu’il est, je me doute bien que c’est dans mon lit que je suis supposée me trouver, que je n’ai strictement rien à faire dehors, et encore moins dans le second quartier. Et tu m’énerves. Tu m’énerves de me pousser à me lever parce que ta détresse a fini par me toucher. Parce que même si tu ne me parles pas, même si tu te contentes de coucher avec moi, j’ai de la peine pour toi.

Le temps que je mets à arriver me paraît s’écouler à une vitesse presque hallucinante. En soi, la route n’est pas bien longue, mais tout de même. Je vais te casser les dents, si tu savais. J’aurais beau dire, je sais bien que je vais me sentir mal quand je vais te voir dans cet état où ta colère est la limite invisible entre ce qui est réel, et ce qui ne l’est pas. Alors je sonne, sans aucune conviction parce que pour le coup, j’ai juste envie de rentrer chez moi. Putain, grouille-toi. Bouge-toi.

Mon cœur fait un looping, mon sang bouillonne. Si je le pouvais, je te giflerais. Mais je ne peux pas. Pas quand tu es dans cet état. Plus tard, peut-être. Après l’amour, bien qu’il n’y en ait pas.
Je referme la porte derrière moi, remontant mes mains jusqu’à ton visage pour le prendre entre mes doigts. Je sais bien que tu ne diras rien, et cette rage que je lis dans tes yeux suffit à me faire frissonner, à me montrer que les hommes peuvent être dangereux. Mais je n’ai pas peur, pas de toi. Pour la simple et bonne raison que tu ne me feras rien, si ce n’est défouler ta colère en abandonnant ta personne contre moi.

« Dans quel état t’es allé te foutre, Nikolaj ? »



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Nikolaj Sejdic - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Dim 10 Aoû - 22:18


ab irato


T'es un déchet énervé. Tu n'es pas seulement en colère, tu bouillonnes, tu flambes. De colère, de rage, de regret et d'amertume. Tu vois Son sourire. Ses cheveux. Sa silhouette, quand tu fermes les yeux. Alors tu les gardes grands ouverts. Et t'ouvres la porte. Elle aussi, elle est énervée. A cause de toi, il n'y a aucun doute possible, mais tu ne t'en rends même pas compte. Tu n'es pas vraiment là, toi. Il n'y a qu'une part de toi, qui est là. La partie brisée, en mille morceaux, que la mort s'est encore amusée à piétiner après sa victoire. Elle a dansé sur ton corps laissé à terre, n'a laissé que danser ta main, autour de ce verre, de ces verres d'alcool qui t'ont brouillé tous les sens.

Elle referme la porte, et tu ne le sens même pas. Ton bras retombe sur le côté de ton corps, mais tu ne lui as pas demandé. Tu regardes les deux yeux d'ambre de la femme qui vient d'entrer chez toi. Mais tu les vois verts. Ils sont verts, pour toi. Tu te perds sur le fil de la mémoire, de la réalité. Tu es en équilibre, et tu tangues dangereusement entre réalité et délire. D'un côté, puis de l'autre. Tu manques de tomber du fil, et tu t'y raccroches. Et tu sens ses doigts sur tes joues, contre ta mâchoire. Elle est fixe, elle est solide, elle est là, enfin. Tu te rends compte que tu tangues physiquement aussi. Comparé à elle, tu as l'impression d'être sur un bateau, secoué par la houle. Tu ne comprends pas qu'elle frissonne, à peine le vois-tu. Elle a le regard irrité, mais pas méchant. Elle compatit, tu le sais. Elle pourrait t'écouter, tu le sais. Mais tu ne veux pas parler. « Dans quel état t’es allé te foutre, Nikolaj ? » Tais-toi. Tais-toi juste. Tu pousses un soupir, et tu poses les mains sur ses hanches.

Et tu la repousses, contre la porte. Tu entends le bruit de ses épaules, qui viennent taper contre le bois de la porte. Tu entends la porte, qui résonne sur ses gonds. Mais tu t'en fous. Tes lèvres viennent s'écraser sur les siennes. Tais-toi. Enfin. Tu l'embrasses, sans douceur. Et ton corps se plaque au sien. Tu t'en fous de parler, tu diras pas un mot. Tu te contenteras de toucher, de grogner, de goûter, d'oublier. Tu n'es pas drogué, tu n'es pas en train de voler. Tu sens le sol sous tes pieds, ses hanches sous tes mains, ses lèvres contre les tiennes. Et tu fermes les yeux, et tu tangues vers le délire. L'alcool, la douleur, le regret, l'amertume, ça se mélange. Ça fait un cocktail, plus dur à boire qu'un cosmo. Il ne passe pas. L'alcool commence à descendre, tu commences à sentir tes côtes, ta tempe. Ça pique, ça cuit, ça tire, ça brûle. Tu brûles, alors tu t’enivres.

Tu ne lâches pas ses lèvres. Tais-toi. Tu ne veux pas parler, tu ne veux pas qu'elle parle. Tu as juste besoin qu'elle soit là. Là. Qu'elle se laisse faire, qu'elle t'assiste. Et tu glisses la main sous ses vêtements. Et tu lui retires son haut. Vite. Tu n'as pas le temps d'attendre. Tu n'as pas le temps, comme un moteur ne peut pas fonctionner en surpression, ou la durite explose, ou la culasse est expulsée, entraînant liquide de refroidissement ou huile de moteur. Tu veux faire vite, te décharger. Après, d'autres choses auront de l'importance. Le lendemain arrivera, comme une pluie nettoie tout avec elle, ne laissant plus que d'un peu de boue dans les chemins. Tu lances son blazer quelque part, entre la table à manger et le canapé du salon. Et tu dévores ses lèvres.

Tu veux oublier, pardonner, t'affranchir. Tu aimerais effacer des péchés, les rayer de la liste des choses à traîner derrière toi. Tu veux devenir quelqu'un d'autre, avec une autre histoire, quelques minutes. Tu auras besoin de soins, demain. Tu ne pourras pas aller au boulot. Tu n'auras pas à prononcer les mots 'heure du décès'. Ces mots qui te font peur. Ces mots qui te poussent à coller un peu plus ton corps contre celui de la jeune femme que tu as fait levé à deux heures du matin pour traverser le premier et le second quartier. Tu descends les lèvres contre sa mâchoire, et tu la mords. Tu ne mets pas de douceur, ni de tendresse. Tu essaies de ne pas lui faire trop mal, mais tu ne sais pas si tu te contrôles vraiment. Tu sais qu'il reste son débardeur, mais tu descends les mains vers son jean, que tu cherches à lui défaire, maladroitement. Tu trembles, encore.



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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Dim 10 Aoû - 23:04


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Imbécile. Je sais bien que tu ne me parleras pas. Je sais bien que tu te contenteras de passer ta frustration et ta haine sur moi, comme à chaque fois. Je sais bien que je ne peux rien pour toi. Mais ta souffrance, je la vois. Je ne peux que te regarder t’autodétruire, dire merde à tout quand tu en as assez, et ramasser ce qu’il reste de toi après. Ramasser cette colère que tu décharges dans le sexe en fermant ma gueule parce qu’au fond tu ne voudras certainement jamais me parler. Tu ne me blesses pas, loin de là. Tu ne m’atteins pas. Mais tu me frustres. Tu m’agaces, me donnes envie de te gifler, de t’étouffer dans le plaisir charnel jusqu’à ce que tu en aies assez. Jusqu’à ce que tu finisses par arrêter. Je ne serais pas ton exutoire, nous le savons tous les deux. Je ne peux qu’être ton garde-fou dans ces phases où tu te perds. Je ne peux que te permettre d’oublier, ne serait-ce que quelques minutes, qui tu es. Ce que tu fais. Sans même que tu daignes me parler, m’expliquer. Et mon empathie s’en retrouve heurtée, froissée, écrasée. Tu me donnes envie de t’écraser. De te briser. De te noyer au lieu de te ramener à la réalité.

Tu me fais mal, idiot. Mais tes baisers me font soupirer et frissonner. Tes caresses me brûlent et m’empêchent de te repousser. Et alors que tu t’évertues à me déshabiller, alors que tu es à deux doigts d’exploser comme une bouteille de gaz dans une cheminée, alors que tes dents vont me rappeler sans l’ombre d’une délicatesse à quel point tu es énervé, je ne peux que te désirer. Ta brutalité me fait tourner la tête, mais je m’y suis habituée. Tu flageoles. Je le sens, je le sais. Alors je t’aide à déboutonner ce pantalon qui gêne tant, avant de laisser mes doigts redécouvrir une fois de plus chaque parcelle de ton corps, de ta peau. Je te griffe, je n’en ai pas honte, je te marque, et tu le mérites. Il n’y a rien de délicat dans nos ébats. Tu es animal, Nikolaj. Aussi animal que moi. Mais tu me frustres. Pauvre connard. Alors je vais mordre cette oreille que tu m’offres si aveuglément en brûlant ma peau de tes baisers contre ma mâchoire, sans ménagement, mais sans pour autant chercher à te faire mal. S’il n’y a que cela pour te calmer alors soit, faisons-le.

Je sais bien que tu ne sens pas que je frissonne, que tes caresses me répugnent autant qu’elles m’excitent. Qu’alors que je m’empresse de me défaire de mon pantalon pour l’envoyer plus loin et aller te retirer ton caleçon, l’envie de te mordre à t’en déchirer la peau me consume les lèvres. Je veux te faire mal, pauvre con. Que tu te réveilles. Je ne veux pas que tu deviennes quelqu’un de droit. Juste que tu comprennes. Que tes doigts sur ma peau sont comme des aiguilles qu’on enfonce un peu plus à chaque toucher. Tu me dégoûtes par ta décadence, par ton évanescence. Et pourtant tu me touches par ta détresse. Alors je t’en veux. Tandis que je glisse mes mains sans honte sur ton corps pour t’exciter un peu plus, tandis que mes lèvres descendent contre ton cou pour y déposer de langoureux et fiévreux baisers. Je t’en veux d’être aussi faible face à moi sans me permettre de te détruire.


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Nikolaj Sejdic - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: « [color=#212121]aaaa[/color] »    Lun 11 Aoû - 10:11


ab irato


Elle frissonne. Tu ne le sais pas, mais elle frissonne. Quelque part, au fond de toi, tu sais que tu n'agis pas comme il le faudrait. Mais tu t'en fous. Demain, quand tu iras vomir au petit matin, tu sauras, tu comprendras que tu n'as été qu'un connard ce soir. Que tu as profité d'elle, sans considération aucune pour son corps. Tu veux juste quelqu'un, de la chaleur, une étreinte, sans sentiment, sans accroche. C'est une drogue. Le sexe, l’alcool, le regret, la rage. Ça fait partie de toi. Et tu ne peux pas la nier, alors tu joues avec elle. Tu l'entends soupirer, tu ne la sens qu'à peine frissonner. Tu es ailleurs, partagé dans tes délires. Tu vois ses longs cheveux lorsque tu ouvres les yeux. Ils changent de couleur lorsque tu les fermes. Tu ne sais plus vraiment où tu es, qui tu es. Tu t’enivres, tu oublies. Temporairement, tu es quelqu'un d'autre. Tu n'es plus dans ce corps de chirurgien. Tu es sale, tu dois puer. Mais ça ne compte plus. Tu as juste chaud. Tu es même brûlant.




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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Lun 11 Aoû - 11:37


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Tu te perds, n’est-ce pas ? Tu te noies, tu te brûles, tu te consumes. Tu te vides, comme ces verres d’alcool dont les effluves restent sur ta peau. Dans ton souffle. Tu m’étouffes, tu me déchires. Tu me répugnes autant que tu me fais te désirer. Tu me donnes envie de te cracher à la gueule autant que de te permettre de t’échapper. Idiot. Raclure. Enflure. Raté. Tu es pourri jusqu’à la moelle et tu me salis. Tu me salis de ta débauche et de ta chair qui empeste l’alcool, la colère. Tu ne fais que traîner mon corps dans la boue, après tout. Tu ne fais que déposer un peu plus ta dépravation, ta détresse et ta destruction à chaque caresse sur ma peau. À chaque baiser contre mes lèvres. Je veux te mordre, te déchirer, appuyer ta tête sous l’eau alors que tu es en train de te noyer.




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Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Lun 11 Aoû - 12:14


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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Lun 11 Aoû - 14:11


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Nikolaj Sejdic - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Lun 11 Aoû - 16:10


ab irato




Tu tends une main vers le paquet de cigarette. Il t'en faut une, maintenant. Tu en sors une du paquet, et tu attrapes de quoi l'allumer. Et tu tires. Tu sens le calme s'insinuer dans ta gorge. Tu n'en proposes pas à la jeune femme derrière toi, parce qu'elle saura se servir, tu n'en doutes pas. Toi, tu te contentes de te cramponner à la table pour ne pas tomber. Et tu remarques que ta main saigne, là, entre le majeur et l'index. Ah oui, les carreaux de la salle de bain... Tu sais qu'il faudrait désinfecter, t'es médecin. Mais tu t'en fous, tu t'en occuperas demain. Tu veux profiter de cet état encore un peu. Placer un peu plus. Tu ne sais pas ce que fait Kathleen derrière toi, si elle s'occupe même de ce que tu fais. Toi, tu fumes. Tu te réveilleras après ta cigarette. Juste après, encore quelques minutes. Il fait frais, et ça fait du bien sur ta peau transpirante.



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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Lun 11 Aoû - 17:18


On prend les mêmes et on r’commence.


Au final, ce sera comme à chaque fois. Encore une fois, je vais me jurer d’arrêter, de ne plus répondre à tes appels, de t’envoyer chier, de te laisser te pourrir un peu plus lorsque tu cèdes à ton esprit détraqué. En me disant que cette fois je le ferais. En me rappelant que je n’ai rien à gagner à te permettre ainsi de te calmer, de te retrouver. Si ce n’est le plaisir que je retrouve dans ta brutalité. C’est malsain, je le sais. Et je ne le sens que lorsque mes pieds retrouvent le sol sans même que je ne te voie t’éloigner. Je ne veux pas me regarder, voir les marques que tu m’auras laissées. Je ne veux pas que tes actes atteignent mon narcissisme et ma fierté. Tu n’as pas le droit de m’abîmer, mais tu le fais. Tu mériterais que je te gifle, que je te crache au visage comme j’aurais dû le faire dès le début. T’es dégueulasse.

Alors sans aucune considération pour toi, je me mets à fouiller un peu partout les endroits où mes fringues ont fini par voler. C’est désagréable. Terriblement désagréable. De sentir le fruit de ta décadence contre mes cuisses, sur ma peau où se mêlent alcool et sueur. Et l’odeur de cette cigarette que tu entames n’arrange rien au dégoût qui me fait tourner la tête et me donne juste envie de me glisser sous de l’eau brûlante pour me frotter, à en avoir la peau à vif. Pour tout effacer. Parce que tu m’énerves, parce que tu m’agaces, parce que je ne peux pas te supporter. Parce que je ne veux que te descendre, te faire couler. Les morsures que tu as laissées sur mon corps lancent, pulsent, me font comprendre que j’ai tendance à te laisser un peu trop de liberté. Tu me gonfles, putain.

Je ne te regarde pas, je ne te vois même pas. Je ne prendrais pas soin de toi. Je ne peux pas. Je ne veux pas. Même si ta douleur me touche, même si ton corps malmené me fait de la peine. Je me contente de me rhabiller, sans daigner t’observer. Culotte, débardeur, et ce sera parfait. De toute manière je m’en cogne, que tu l’ouvres ou pas, que tu te plaignes ou pas. T’en as vu assez, t’en as fait assez, et je crois que le moindre commentaire déplacé serait l’activation du rouage qui enverrait ma main en plein dans ta gueule. Mais je n’ai pas le temps d’y penser. Il faut que j’évacue, il faut que je calme cette envie que j’ai de te hurler que tu m’exaspères, que je vais finir par exploser, moi aussi. N’aies aucune considération pour moi, mais ne me vois jamais comme un vulgaire sextoy que tu peux maltraiter.

Et alors que je me permets de me servir librement dans ton paquet de clopes, alors que je tire sur cette délivrance comme une droguée après l’avoir allumée, sans tout autant avoir daigné te regarder. Alors que je sens ma gorge bien trop sèche brûler, je ne peux que soupirer. Soupirer pour ne pas trembler. Soupirer pour ne pas te considérer. Soupirer pour oublier ton existence même, qui finira par me déranger. Je me laisse glisser, contre le mur, contre ma fierté que je commence peu à peu à retrouver, la tête rejetée contre cet appui, les yeux clos alors que je tire une fois de plus sur cette clope coincée entre mes lèvres. Tu ne parleras pas, je le sais. Et je ne compte pas t’y obliger. Même si le fait que tu m’aies indirectement proposée de rester me travaille comme jamais. En temps normal je me tire, j’oublie, et je vis. Jusqu’à ce que tu finisses par dérailler, encore. Jusqu’à ce que tu m’appelles, encore. Jusqu’à ce que ta voix déformée par les verres que tu as déjà enfilés m’ordonne de venir te retrouver. Alors pourquoi aujourd’hui plus qu’un autre jour ? T’es à peine casse-pieds, sérieusement.


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Nikolaj Sejdic - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: « [color=#212121]aa[/color] »    Mar 12 Aoû - 18:43


ab irato


Libéré. Tu voles, quelque part plus haut que toi, que vous. Tu n'es pas dans ton appart', ta maison, là où tu vis. T'es ailleurs, là où ton cerveau croit qu'il est. Quelque part perdu entre regret et calme. Entre équilibre et délire. Tu ne sais pas pourquoi tu lui as demandé de rester, tu n'as plus besoin d'elle. Mais p'têtre que... ? Et puis tu secoues doucement la tête. Doucement, parce qu'elle tourne. Non, non, tu n'en as vraiment plus besoin. C'était un instant da plus d'alcool que de sang e faiblesse, une seconde de faiblesse. Tu t'es oublié, t'as fauté, t'as dérapé. Tu pousses un soupir, puis tu écrases ton mégot dans le cendrier posé sur la table. Tu te redresses un peu, vaguement, et tu te tournes. Ses fringues ont en partie étaient ramassées. Elle a du s'habiller, que tu te dis, dans ton cerveau embrumé par l'alcool. Tu n'as même pas entendue où elle était, ce qu'elle faisait. Tu t'en fous, royalement.

Et tu remets un pied devant l'autre. Tu tangues un peu, mais ça va. Ça va mieux, en tout cas. Tu n'as plus envie d'expédier ton poing dans tout ce qui traîne, de foutre en l'air ton mobilier, ou d'exploser la gueule de quelqu'un. Alors, tranquillement, tu t'éloignes de la table, que tu contournes, et tu vas vers la cuisine. Ça tangue, ça tourne, mais tu surmontes. T'as jamais eu le mal de mer, ça va pas commencer aujourd'hui. Et tu poses les deux mains sur le rebord du lavabo. Ouais, les deux. Pour te stabiliser, quelques secondes. Parce que sinon, tu vas planter ta tête droit devant, et c'est pas une bonne idée. Tu pourras bosser demain, t'auras pas décuver. Et ça, t'en as conscience. Et tu devras y aller quand même, et tenter de refiler tes opérations aux collègues, parce que tu seras toujours pas en état. Tu risques pas de l'être.

Et l'eau coule, alors que tu appuies sur le bouton de tout ton poing. Et tu plonges les deux mains dessous, paume vers le ciel, avant de t'en asperger le visage, d'en passer dans tes cheveux. Les gouttes froides dégoulinent contre ta nuque, dans ton dos. Certaines s'égarent sur son torse, et finissent leurs courses sur tes jambes. Tu le refais : une fois, deux fois. Tu savoures la fraîcheur. Et tu recommences, jusqu'à ce que le sol ne semble plus reposer sur une mer un peu trop houleuse. Et ça va mieux. Alors tu saisis un verre, dans le meuble, juste à côté, et tu te sers un verre d'eau. Le goût est à vomir, c'est dégueulasse. Mais tu le finis, ton verre. Et puis t'en bois un second. Et un troisième. Parce que l'eau, c'est le meilleur remède contre la gueule de bois. C'est dégueulasse, mais tu survis. Et tu te retournes, vers la jeune femme que t'as laissé en plan. Ah, elle est là, contre le mur. « Tu veux un verre ? » que tu demandes, le plus naturellement du monde, de ta voix rauque et raillée, toujours nu comme un ver et sans la moindre gène à propos de ça - comment tu pourrais être gêné, toi qui a plus d'alcool que de sang à l'heure actuelle ?



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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Mar 12 Aoû - 22:24


On prend les mêmes et on r’commence.


Un verre ? De quoi ? Pour le coup, je saisis même pas que c’est à moi que tu causes, mon grand. J’ai la tête ailleurs, l’esprit ailleurs, qui s’échappe comme la fumée de cette clope sur laquelle je m’acharne à tirer. J’ai la gorge qui brûle à force d’avoir gueulé, les poumons qui piquent parce que je suis pas forcément habituée à fumer. Mais ça fait du bien, ça détend, ça aide à oublier. Que tu me gonfles, notamment. Et pourtant, je hoche la tête à ta question, simplement, les yeux rivés sur toi et j’ai mal au crâne. Parce que loucher sur ta tronche alors que je suis limite à l’envers c’est pas la joie. Alors je me redresse un peu, en étendant mes jambes devant moi.

« Fais tourner. »

C’est stupide comme expression. « Fais tourner. » Je me sens un peu conne à l’utiliser, mais t’as tellement de verre dans le nez que je suis même pas sûre que tu m’aies entendue te répondre. Et au pire si c’est pas le cas, je me servirais moi-même. T’es bizarre, Nikolaj. D’ordinaire tu causes pas, on baise et puis basta. Au fond, on ne se connaît même pas, je me contente de me tirer après qu’on ait eu tous les deux ce qu’on voulait, jusqu’à ce que tu finisses par me rappeler. Sauf que voilà, il a fallu que t’inverses la cadence ce soir, que tu ajoutes un rouage qui bloque la machine et qui fait que ce soir, je resterais. Mais t’es bourré comme un coing, et je sais même pas si tu te rends compte de ce que tu m’as presque ordonnée. Au pire tant mieux, demain matin je m’en irais, et je mettrais ça sur le coup de l’alcool, pas sur une éventuelle envie de me parler. Evitons. Cette relation est parfaite comme elle est. Même si tu m’emmerdes, même si ça m’agaces de pas savoir pourquoi tu finis par craquer. Pourquoi tu tiens à peine debout, pourquoi tu fais toutes ces conneries pour oublier. Oublier quoi ? J’en sais rien. Je suis juste consciente du fait que je suis l’un des exutoires de ces instants où tu te perds, où tu finis par te noyer. Je dois venir, fermer ma gueule, et m’en aller. Mais c’est pas comme ça que ça marche, tu sais. Je ne serais pas éternellement ton objet, le vase finira par déborder. La roue finira par tourner, et à ce moment c’est moi qui t’utiliserais. Pour ensuite mieux t’écraser, pour mieux appuyer ta tête sous l’eau alors que je devrais « t’aider » à en sortir.

Non, je ne suis pas ton infirmière, et je ne le serais jamais. Je serais pas celle qui viendra te soulager, te rassurer, quand tu poseras ta tête pendant des heures sur l’oreiller, enragé et assommé, incapable de rien. Je referais pas tes stocks de sérotonine en te disant que tout va bien, que c’est derrière toi, maintenant. Je réparerais pas ta tête qui fonctionne plus bien. Je serais celle qui viendra t’entraîner un peu plus dans ta décadence, celle qui sera là quand tu craqueras, pour que tu deviennes accro à ça, si c’est pas déjà le cas. Jusqu’à devenir ton seul exutoire quand ça ira pas.

Mais bref, j'ai soif. J'ai la gorge sèche, le corps qui part en sucette, les jambes qui flanchent et j'ai limite pas envie de me relever, mais je le fais. Sans pour autant m'éloigner de ce mur contre lequel je reste appuyée, les yeux rivés sur toi. Et j'attends de voir, j'attends de constater. En riant intérieurement, en m'imaginant d'avance la gueule que tu tireras demain matin, quand l'effet de la gueule de bois attaquera ton corps abîmé.


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Nikolaj Sejdic - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Ven 12 Sep - 19:49


ab irato


« Fais tourner. » Tu hoches vaguement de la tête. Parce que tu ne prendras pas la peine de répondre réellement. Tu ne sais plus rien. Comment tu t'appeles. Ce qui s'est passé ici. Tu es juste ici, une ombre oubliée, enfin apaisée. Et pourtant. T'as toujours l'estomac retourné. Tu as toujours peur de fermer les yeux. Parce que tu sais. Elle sera là. L'ombre qui flane sous tes paupières. Elle va danser pour toi. Juste pour toi. Tu pourras la regarder, tout en te retenant de vomir. Parce que ce n'est pas normal. Ce n'est pas sain. Elle ne devrait pas être là, cette ombre. Tu devrais l'avoir annihiler. Tuer. Assassiner. Ecorcher. Comme toi, écorchée vive.

Tu tournes les talons, et tu prends un verre, quelque part sur l'égouttoir. Et tu verses de l'eau dedans. Pas seulement dedans, t'en fous un peu partout au passage. Tu reposes le verre, et tu passes la main sous l'eau, puis sur ta nuque. Tes muscles se tendent, se détendent. Se contorsionnent et commencent à te faire mal. Tes neurones se réveillent, tes nerfs s'éveillent. Ca te tire. Ca te brule. Tu sens, sous ta peau, des gonflements. Pas endroit, ça tire. Pas vraiment douloureusement, mais tu le sens. La colère est descendue. L'adrénaline a fini ses montagnes russes et descend de wagon pour rejoindre les vestiaires. Maintenant, c'est la fatigue qui prend pas le pas. T'es éreinté. Crevé. Tu reprends le verre, et te rapproches de la jeune femme pour lui tendre, à bout de bras. En priant pour qu'elle s'en saisisse assez vite.

Et puis tu as un mouvement de recul, un haut le coeur, un vertige. Tu te ratrappes au meuble de la cuisine. Et tu réalises que tu n'as pas eu beaucoup d'aventures. Beaucoup d'exutoire. Ces cinq années, elles ont défilées comme cinq siècles. Tu ne te souviens pas vraiment des trois premières, c'est brumeux, nuageux. Flou. Mais tu te souviens du temps. Qui était si long. De ton T.E.L., toujours sans message. De ce salon, qui, autrefois, habritait parfois des rires et des soirées. Et qui alors ne ressemblait plus qu'à un cimetière. Un champ de mine après le passage des soldats. Tu soupires, à nouveau. Ces deux dernières années, tu t'en souviens. Tu pourrais les redessiner si tu avais le temps, le talent. Mais elles ont étaient si longues. Tu as l'impression d'avoir vécu cinq autres vies en cinq années. Ce n'est rien. Tu n'as pas connu l'apocalypse. Ni la famine, ni la guerre. Rien de catastrophique. Mais tu es juste là. Brisé.

« Je n'ai qu'un lit. » Que tu t'entends dire. Tu ne sais pas trop pourquoi tu l'as dit. Mais tu l'as dit. Et tu prends ton courage à deux mains, et tu vas t'allonger sur ce lit. Que la jeune femme te rejoigne, dorme sur le canapé ou sur le tapis, ça ne change pas grand-chose. Mais tu ne sais pas trop si il y avait une invitation dans cette phrase. Et une invitation à quoi ? Partager sa part du lit pour qu'elle dorme 'confortablement' ou autre chose ? Peu importe. Toujours nu, tu t'assoies sur le bord du lit. Et bon dieu, tu ne te souviens pas l'avoir vu danser ainsi. Il tangue, comme un bateau sur une mer houleuse. Et tu finis par poser la tête sur l'oreiller. Et tu attends. De voir si le sommeil arrive, si la jeune femme arrive. Tu attends, parce que tu sais très bien que tu ne dormiras pas. Pas aussi facilement. Parce que ton esprit, ta tête, tes pensées, tes souvenirs, ton amertume, tu les portes comme des fardeaux. Alors tu attends.



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Kathleen A. Lynch - AB IRATO | Kath'
Message Sujet: Re: AB IRATO | Kath'    Jeu 18 Sep - 10:04


“ AB IRATO
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Je ne te dirais pas merci. Parce que je n’en ai ni le « temps », ni l’envie. Parce que ma gorge sèche me brûle un peu plus à chaque bouffée de cette mort à fumer qui s’incruste dans mes poumons. Parce que de toute façon je n’ai aucune raison de te causer, de me montrer polie. Au vu du stade avancé de notre « relation », ce serait de l’hypocrisie pure et dure, pas vrai ? Au vu de cette façon dont on se traite… Dont tu me traites. Putain, tu me gonfles, putain. Je suis pas un défouloir, je suis pas juste là pur que tu puisses te vider les couilles quand t’en as besoin. Je te demande pas de m’aimer, je te demande rien, si ce n’est du respect. Un peu de considération pour mon statut de femme et d’être humain. Mais une fois de plus, je la boucle. Une fois de plus, je me dirais que quand j’m’en irais, ce sera pour ne plus revenir. Plus jamais. Jusqu’à ce que tu me rappelles et que j’revienne servir d’exutoire à ton esprit détraqué. Jusqu’à ce que tu m’ordonnes presque de venir te calmer. Quelle gentille petite soumise je fais.

Et cette constatation m’arrache un léger rire cynique alors que je repose mon verre sur le bord de l’évier après m’être levée, sans te regarder, sans m’inquiéter. Parce que je m’en fiche ? Certainement. Ou peut-être parce que je ne veux pas m’admettre que ça me gonfle encore plus de te voir t’autodétruire comme tu le fais. J’t’emmerde. Mais ça changera rien.

T’as qu’un lit, hein ? Tant pis, on va pas tortiller du cul pour chier droit, on est déjà allés plus loin que ça. Beaucoup plus loin que ça. Alors je ne te réponds pas, trop occupée à passer de l’eau sur mon visage pour me calmer, à me retenir de me faire vomir un bon coup pour évacuer le dégoût que tu m’as évoqué. Tu me débectes. Et je t’en veux pour ça. Parce que tu arrives à susciter l’ombre d’un sentiment, bien que négatif, chez moi. Mais je m’en acquitte, comme toujours, parce que tout mérite d’être mis de côté. Parce que tout ce qui concerne les autres ne me regarde pas. Parce que tu n’as pas de valeur pour moi. Parce que l’univers ne tourne qu’autour de moi. Et c’est sans un mot que je viens à mon tour me glisser dans le lit pour confortablement m’y allonger après m’être un peu étirée. Je n’ai rien à te dire, désolée. Au fond je pense qu’autant que moi tu t’en cognes. « J’partirais dès que je serais levée. » A titre d’information ? Pas vraiment. Juste une formalité. Mais ça aussi, tu t’en fous autant que moi, pas vrai ?

© Codage par moi.


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