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Sarah Beleau - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 0:15

« Comme vous avez pu le constater lors de cette interminable explication, les armes connues sous le nom d'Arma-G conçues au sein de nos laboratoires n'ont de cesse d'être améliorées. La version une que vous connaissez tous risque bientôt d'être obsolète alors, si vous en possédez et que vous voulez les revendre, un conseil : gardez-les ! Elles pourraient bien devenir des antiquités rares dans quelques années, et ça se vendra bien mieux. »

Elle ne porte pas ses lunettes, par respect pour ses collègues et les auditeurs qui se tiennent à quelques mètres devant elle. Son regard soigneusement maquillé balaie la foule souriante, s'arrête sur quelques visages familiers pour jauger le temps de réaction nécessaire avant la suite de son discours. Les quelques rires se sont enfin éteints. Sarah recule son visage du micro, se racle doucement la gorge et en profite pour pivoter et indiquer une des nombreuses personnes assises derrière elle. Sa main tendue tremble imperceptiblement, si bien qu'elle revient la poser sur le pupitre où se trouvent ses notes.

Allez. Plus que quelques minutes, tiens bon ma grande.

« Bien, j'en ai fini pour ma part. Je laisse la parole à ma consœur Eleanor Jenkins qui va vous présenter... »

Gros blanc. C'est noté sur les fiches, mais elle a oublié. Il y a un mot qui tourne en rond dans son crâne, mais ce n'est certainement pas ça, non. Eléanor ne fait pas d'étude sur le café, ça se saurait. Alors Sarah se mord la lèvre, le flottement ne dure pas plus d'une brève seconde alors qu'elle étire un charmant sourire adressé à tous et aucun en particulier.

« ...son projet d'étude. Je vous remercie de votre écoute, et d'avoir contenu vos ronflements. On peut applaudir mademoiselle Jenkins, mais évitons de réveiller les endormis. Merci à tous. »

Enfin. Sarah récupère ses quelques notes, deux feuilles barbouillées d'une écriture incisive et irrégulière, de marques de café et d'une grosse coulure rouge de vernis à ongle appliqué sans doute à la va-vite. Sans prendre la peine de claquer les feuilles sur le pupitre pour les réaligner, elle plie le tout, s'écarte d'un pas vif et s'incline pour saluer comme il se doit le publique, puis se redresse pour serrer la main de sa consœur à qui elle glisse un mot. Tous peuvent les voir souriantes, amicales, appliquées. La poche droite du trench de Sarah se voit soudain remplie des deux feuillets et vidée d'une paire de lunettes qu'elle serre doucement dans le creux de sa paume crispée.

« Par pitié Eléanor, évite les blagues potaches, la société doit garder une bonne image. »

Une brève tape sur l'épaule et le scientifique blonde s'en retourne à sa place, tout au bout de l'estrade, aux côtés de ses collègues et supérieurs. Ses talons claquent au rythme des applaudissements. Entrainée par cet élan rythmique d'ailleurs, elle ne s'arrête pas. Ses pas dévalent habillement les quelques marches et tandis que tout le monde est accaparé par la beauté juvénile et l'imbécilité visible d'Eléanor, Sarah, elle, s’éclipse vers son salut.
A peine les deux portes en bout d'estrade se sont-elle refermées sur elle que la scientifique replace les lunettes sur son nez en accélérant le pas.

Fichus talons, moins de bruits, chut.

Marchant sur la pointe des pieds, la grande dame se faufile à travers des couloirs tout enrubannés et éclairés de multiples couleurs en cette occasion. Pendant un temps, perdue face à ce changement inhabituel de décors, la belle trentenaire hésite : droite, gauche ? Droite. Son flair ne la trompe jamais alors elle court comme si elle était poursuivie, sa veste claque dans l'air, la ceinture manque de s'accrocher dans ses pieds et la faire tomber mais rien, rien ne peut l'arrêter.
Au bout du couloir, elle est là, qui l'attend : derrière de grandes tables couvertes de nappes décoratives elles-même surplombées de plats aux mets divers, d’apéritifs et de bouteilles d'alcool que Sarah peine à identifier tant son intérêt est porté ailleurs. Elle contourne les chaises, ouvre à la volée une armoire de service pour y saisir son Graal et voilà qu'un instant plus tard, un soupire fend l'air de la cafétéria réaménagée en salle de brunch pour accueillir les invités.

« Plus vite machine de malheur, si j'ai pas mon café dans une seconde, je te fais remplacer. Tu sais que j'en ai le pouvoir, alors ne me provoque pas.»

Les ongles de la blonde pianotent sur les touches pour sélectionner "Noir - Sans sucre - Serré" et tandis que le breuvage Royal se met à couler, les doigts s'en viennent tapoter d'impatience le plastique de la machine contre laquelle la femme s'appuie. Tic-tic-tic-tic. Tic-tic-tic-tic.
Le bruit raisonne dans la pièce vide, couvert par le feulement d'une machine à café surexploitée.
La voilà seule, enfin. Du moins le croit-elle. Absorbée par sa quête, sans doute n'aura-t-elle pas entendu ou pas voulu entendre les pas qui se dirigeaient vers elle. Ou peut-être ne se rend-t-elle compte que maintenant de cette présence, allez savoir.
Sarah, enfin, s'empare de sa tasse de café et se retourne. A présent, elle peut affronter tout et n'importe quoi. Même cet inconnu.



(HRP : Mise en forme, musique et tout ça, pour plus tard ! Et si tu as le moindre commentaire, que tu veux que je change tout, n'hésite pas ;_; ! ♥ )

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Ludwig Hammerstein - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 3:07

Voilà déjà quelques heures que tu es planté là à écouter déblatérer ces inconnus sur le pupitre. Le docteur a accepté de venir pour écouter ce qu’il pensait être intéressant, mais a refusé de présenter quoi que ce soit. Il n’a jamais été très à l’aise avec les discours et ne comptais pas faire le moindre effort pour que cela change. Déjà qu’il tentait envers et contre tout de progresser dans le domaine de la sociabilité, il était hors de question de se lancer dans trop de zèle. Lissant sa cravate, passant sa main dans ses cheveux, il se demandait quand est-ce que ce petit homme aux lunettes étonnamment rondes finirait de parler –sacré dose de salive qu’il utilisait là.

Cette rencontre était tout ce qu’il y a d’organisée cela dit, à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de la Real Company. Plusieurs salles étaient mises à disposition pour les différents thèmes abordés. Mais malheureusement pour lui, rien de bien important ne se trouvait dans sa salle. Une bande d’intellectuels semblaient s’entre féliciter d’être venu à cette rencontre exceptionnelle des cerveaux de tout Erèbe. De la masturbation, voilà tout ce que c’était. Ludwig ne réussit pas à retenir un souffle exaspéré avant de quitter sa place. Il reconnut quelques confrères dans l’assemblée, sans pour autant se sentir obligé de les saluer puis sortit enfin de la salle bondée.

« Eh bien, même les murs ont l’air de s’ennuyer… » Dit-il en s’adossant à la porte en soupirant une énième fois. Par quelle magie cela était-il possible ? Grâce à l’imagination débordante du médecin. Mais cessons un peu de divaguer et voyons ce que ce cher docteur va faire. Après avoir soupirer –serait-ce la seizième fois ?- encore une fois, il se lança dans l’exploration des locaux. Les talons de ses chaussures de villes claquant sur le sol alors que sa stature droite et imposante n’impressionnait personne dans cette solitude ambiante. « Et personne pour m’indiquer la cafeteria… Je suis maudit » Et ainsi il déambula un bon quart d’heure dans les couloirs à la recherche d’une machine à café sauvage qui se serait peut-être glisser derrière un tableau trop volumineux.

Alors qu’il commençait à perdre espoir –et patience- il finit par déboucher sur un couloir plus ample au bout duquel se trouvait deux doubles portes surmontés de lettres d’argent : La cafeteria. Par tous les dieux, rien que de voir cet écriteau, Ludwig eut la bouche encore plus asséchée qu’il ne l’avait jusqu’alors. Du café, par centaines de litres je vous prie. Il s’avança d’un pas pressé en faisant claquer ses talons toujours plus fort et ouvrit l’une des doubles portes avec beaucoup moins de nonchalance qu’il ne l’avait d’abord souhaité.

Une femme se trouvait là, devant la machine à café. D’après l’odeur divine, elle l’usait pour les mêmes raisons qu’il venait de visiter tout l’étage : Un café noir et puissant dont l’arôme écraserait sans doute sa langue. Parfait. Il avança jusqu’à elle d’un pas plus lent, pour ne pas passer pour un parfait drogué –en tant que médecin, il avait tout de même une réputation à tenir. « Bonjour. » Dit-il simplement, pour rester poli lorsqu’elle fit volteface. Mais les notions de politesses disparurent bien vite lorsqu’il s’approcha de la machine pour y glisser sa carte de crédit et demander un café, noir et serré, avec aussi peu de sucre que de plastique dans les poitrines des femmes de la noblesse pouvant se permettre une mammoplastie –à savoir aucun.

Et enfin il put la détailler de la tête aux pieds. Elle portait un long manteau qu’il avait déjà entendu appeler trench mais dont il ne connaissait que peu de choses. Elle portait des lunettes devant ses yeux plissés, fatigués, blasés, verts. Son visage était mince, presque pointu et ses cheveux blonds n’étaient pas sans lui rappeler ceux de son épouse. Une ravissante femme en soit, mais il ne s’y attarda pas plus que ça et attrapa son gobelet plein pour aller s’assoir à la table la plus proche avec son saint breuvage. Il observa son T.E.L pour y lire l’heure : Bientôt l’heure du déjeuner… Donc la salle serait bientôt remplie. Il ne pu se retenir de dire à haute voix : « Par pitié, laissez-moi un peu de répit… »

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Sarah Beleau - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 3:37

Quel emmerdeur.

Une pensée purement gratuite qui n'outrepasse pas la barrière des lèvres de la scientifique qui, à la place même, se targue d'un sourire. « Bonsoir...Docteur. ». Son regard avisé, bien qu'épuisé, passe assez rapidement sur le badge d'identification. Elle se fichait bien du nom en l'instant, seul le titre de l'homme l'intéressait pour pouvoir le saluer comme il se doit, comme la famille d'Edgar le lui a appris. Elle, la pauvre petite du Quartier Deux ne manquait jamais une occasion pour faire remarquer ses bonnes manières : ce soir ne dérogerait pas à la règle.
Et pourtant, ce type, qui qu'il soit, est arrivé au plus mauvais moment : elle n'a même pas encore pris une seule gorgée de café depuis le début d'après-midi. Le début d'après-midi, rendez-vous compte. Ses mains en tremblent, mais elle s'éloigne prestement pour aller s'installer dans un coin, non loin de la machine à café. Le chaise en acier tirée sans précautions grince sur le carrelage intact et blanc de la cafétéria, faisant grimacer la belle qui, malgré tout, finit par s'asseoir en croisant automatiquement les jambes. D'un geste las, elle rabat le pan de veste qui laissait s'ouvrir celle-ci et enfin, enfin : elle porte la tasse à ses lèvres, ferme les yeux et savoure. C'est un orgasme puissant qui a lieu dans sa bouche, c'est brûlant, c'est excitant, ça la décrispe instinctivement avant même qu'elle n'avale enfin cette gorgée de plaisir.

Elle aurait dû avaler, au lieu de prendre son pied pendant un temps si long. Parce qu'à présent, la voix de l'homme s'élève et elle, surprise, s'étrangle, presque discrètement, reposant sa tasse dans un léger claquement qu'elle couvre en toussant dans sa paume. Il lui faut à présent un certain temps pour reprendre une respiration normale et jeter un coup d'oeil autour d'elle - autour d'eux, même. Ils sont seuls. Il ne s'adressait clairement pas à elle. Pourtant, elle se fend d'un nouveau sourire en lui lançant un regard par-dessus son épaule.
Il semblerait qu'elle ait rencontré un autre caféolique, un autre de ces workaholic, un semblable : sans doute un gars bien, même s'il a l'air dérangé à se parler à lui-mêle. Alors d'un doigté délicat, la blonde repousse les lunettes sur son nez, pour tenter de croiser le regard de l'homme qu'elle détaille enfin. A cette distance, impossible de lire le nom sur le badge mais elle jurerait sur le Roi avoir déjà vu ce visage. Dans les journaux. Peut-être, ou plutôt dans la rue, oui. Blond, droit, sévère, cette coiffure et ce port élégant...Docteur H...L ? Elle ne sait plus quelle lettre elle a lu, après le titre de ce type et la curiosité la gagne autant qu'un léger amusement.

« Pas d’inquiétude, Docteur. Je ne comptais pas lire à nouveau mon discours de présentation. Et quand bien même un seul de mes compères aurait la mauvaise idée de le faire, je prie pour lui qu'il ne s'adresse ni à vous, ni à moi. »

Sarah termine sa phrase en se retournant vers sa tasse, qui lui a déjà tant - trop - manqué. De la pulpe du majeur, elle replace à nouveau ses lunettes tout en soupirant d'aise. C'est visiblement loupé, pour le moment de paix. Un individu présent dans sa sphère de bien-être, passe encore. La vingtaine de personnes qui arrivent en faisant claquer leurs souliers et lézarder leur voix au hasard des couloirs, en revanche, c'est bien trop pour elle. Son corps se crispe un peu, alors qu'elle souhaiterait uniquement pouvoir s'affaler contre le dossier de cette chaise glaciale. Mais ce n'est pas son genre, encore moins en publique.

« Je n'aurai pas été contre un peu de répit, moi non plus... »

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Ludwig Hammerstein - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 4:05

« Pas d’inquiétude, Docteur. Je ne comptais pas lire à nouveau mon discours de présentation. Et quand bien même un seul de mes compères aurait la mauvaise idée de le faire, je prie pour lui qu'il ne s'adresse ni à vous, ni à moi. » Ludwig esquisse un sourire –ou plutôt un frémissement de lèvres- et retourne à son café. Il boit quelques gorgées, soupire d’aise, recommence l’opération une ou deux fois avant d’entendre des voix provenir des deux doubles portes. Les voix maudites de la civilisation. Le docteur passa une main lasse dans ses cheveux, les plaquant à nouveau en arrière en lâchant un soupir avant de se lever. Cela ne dura pas longtemps et le médecin sentit la gêne envahir son cœur lorsqu’il s’assit de nouveau à la chaise près de la jeune femme blonde. Une tentative de sociabilisation de plus à son actif. Mais pour une raison obscure, il eut la sensation que cela se passerait mieux que les autres fois.

Regardant le liquide noir dans son pauvre gobelet transparent, il finit par ouvrir la bouche quelques secondes avant que l’envahisseur ne franchisse les portes : « vous avez l’air aussi enchantée que moi, je vous propose donc ma compagnie. » Rien de plus, rien de moins. Il ne pipa pas un mot et recommença à boire son café en sentant ses yeux se décontracter sous l’effet du liquide chaud qui lui coulait le long de l’œsophage. Le bonheur, en soi. Il lissa sa cravate avec nervosité et se tourna vers la jeune femme pour lui tendre la main : « Docteur Ludwig Hammerstein, enchanté. » Il avait essayé de prendre une voix chaleureuse –et échoua lamentablement- avant d’ajouter. « A deux, nous serons plus fort face à l’envahisseur. » et à cet instant la horde pénétra dans la salle.

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Sarah Beleau - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 4:33

La chaise qui grince, cette fois, n'est pas celle de Sarah. Aura-t-elle droit à un instant, aussi infime soit-il, de solitude ? Avant que cette foule amassée de soi-disant génies ne vienne lui pomper l'air à grand renfort d'inspirations joyeuses et de rires tonitruants qui auront tôt fait de l'agacer au plus haut point...Eh...Non.

Mais que...?

Voilà que l'homme vient s'installer, perturbant la réflexion cynique pourtant bien entamée de la scientifique. S'il essaie de la draguer, c'est pas de veine, elle n'est pas d'humeur. Pas encore du moins. C'est vrai qu'il est tout à fait charmant, tout à fait son genre, pourrait-elle même aller jusqu'à penser.

Non mais, ça va bien oui ? Je veux juste boire mon café, pas être renversée sur la première table qui passe...

Il élève la voix. Encore. C'est la troisième fois et pourtant, ce n'est que maintenant qu'elle réalise. Bien avant qu'il ne se présente, avant même que Sarah n'ait le temps de rétorquer la moindre chose à l'encontre de ce débarquement soudain dans sa sphère privée. Devant elle se tient le Docteur Hammerstein, dont elle a saturé le répondeur à cause de cet incapable de Clovis du service téléphonique. Le. Docteur. Hammerstein. Celui qui fait l'objet de tous les ragots des pimbêches de la branche médicale des Laboratoires. Lui-même, en chair et en os, installé à la table de Sarah Beleau qui en perd un instant sa répartie pourtant légendaire, tout en venant poser délicatement sa main dans celle de l'homme. Une poigne franche la fait se redresser quelque peu sur son siège.

Bon sang, c'est qu'elles n'ont presque pas tort, ces gamines. Il n'est pas mal du tout.

« Sarah Beleau. Nous nous sommes déjà parlés au T.E.L., si je ne me trompe. De même, enchantée. »

Toujours aussi doucement, elle retire sa main de celle de l'homme, pour enlacer avec une infinie attention sa tasse déjà partiellement vidée. Le vacarme autour d'eux se fait plus insistant, mais Sarah constate à nouveau un détail d'importance : il dit vrai. Sa seule présence à la table, à quelques centimètres à peine d'elle-même, lui donne l'impression de ne pas être seule face à la cohue d'affamés qui se dirigent d'un pas pressé vers les buffets. Les voilà entourés, les voilà encerclés, mais le grondement de colère qu’éprouvait la scientifique est parti faire un tour à la surface. D'un froncement de sourcil, ses yeux passent des traits ciselés du docteur aux silhouettes qui se découpent autour d'eux, ces individus qui ne sont que des ombres dans son paysages alors qu'il est là, bien définit, à ses côtés.

« Il semblerait que vous ayez vu juste, Docteur. Nous voir en pleine discussion les poussera peut-être à passer leur chemin. Comptons là-dessus, du moins. »

Elle leva fébrilement sa tasse de café, avisant le gobelet de l'homme. Tristesse. Comment pouvait-il savourer le breuvage tout en se brûlant les mains en tenant ce minuscule récipient ?

« Madame Beleau ? Votre discours était absolument splendide !
- Je sais. »

Sans décrocher son attention de Ludwig Hammerstein, la blonde se fendit d'un sourire parfaitement naturel, si bien qu'il était impossible de dire si elle se moquait gentiment de sa collègue ou si, tout bonnement, elle l'envoyait paitre. Pourtant, vu l'éclat de rire et la tape qu'elle reçut sur l'épaule, il était fort aisé de deviner que ses camarades de travail la comprenaient moins que l'inconnu assis à sa table.« Si naïfs... », lâcha-t-elle par inattention, presque amusée.
Les corps se mouvaient encore à leurs côtés pour prendre place aux autres tables quand, plus bas, Sarah ajouta en se penchant légèrement vers Ludwig.

« Je vous offre le prochain, dans une véritable tasse, si vous ne m'abandonnez pas. »

Entre caféholic, elle savait sur quelle ficelle tirer. Pourtant, l'éternel sourire qu'elle gardait au visage semblait, cette fois, bien plus sincère que jamais : Elle n'était plus seule et cela faisait bien longtemps que ce n'était plus arrivé.

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Ludwig Hammerstein - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 15:53

Pas de respect, pas de silence. Du bruit, encore du bruit. Des éclats de rires tonitruants, des dialogues tous plus idiots les uns que les autres dit avec force et vigueur. Pourquoi donc faire tant de bruit pour si peu de raisons ? Parce qu’il n’y a pas de respect. Que ce soit pour ceux qui les entourent comme pour eux-mêmes. Pas de respect. Ludwig fait la grimace, comme s’il était pris d’une soudaine migraine –ce qui ne devrait pas tarder, dans les faits. « Peut-être que s’ils parlent trop, ils finiront par se marcher sur la langue ? » Dit-il tout haut avec un sourire jaune en coin.

La fameuse Sarah Beleau fut accostée par un stéréotype de femme bureaucrate pour qui c’est la fête dans le string tous les mardis soirs : Un tailleur aux couleurs chatoyantes –du genre qui hurlent bien fort « J’EXISTE »- armée d’un sac à main sans bandoulière –Grand Dieu, pourquoi avez-vous crée pareille ignominie ?- et d’un rouge à lèvre assortis à son ensemble. Ludwig fut à la limite de la prendre en pitié, pour tout dire, mais ce n’était pas vraiment son genre. Il se contenta de trouver l’échange entre les deux femmes des plus cocasses. Manifestement, les voir discuter n’empêcherait pas qu’ils soient dérangés.

C’est ainsi qu’un homme brun s’approcha du couple de misanthrope avec manifestement l’air gêné ou impressionné. Son costume ne lui allait pas le moins du monde. D’une couleur marron proche de de la couleur des excréments de quelques patients malades du foie et à la cravate rouge vive, Ludwig eut presque un haut le cœur. Lui qui trouvait que les costumes trois pièces étaient les seuls habits de sociétés qui vaille le coup, le voilà qui commençait à douter que certains puisse être compatible avec ce mode de vie. « Vous êtes le Docteur Hammerstein ? » Petite inspiration, le dos toujours droit. « Finement observé. » Dit-il en indiquant son badge –non sans être étonné d’avoir été reconnu.

Il fut félicité de sa manière héroïque d’avoir défendu les unités médicales durant le Massacre, complimenté sur sa tenue, gratifié d’un nombre incroyable de sourires futiles. « Vous êtes bien brave, mais je parlais avec mademoiselle Beleau. » dit-il sans un sourire, sans même faire l’effort de cacher son ennuie. Mais depuis quand était-il connu et reconnu ? Il n’en avait jamais fait l’expérience et c’était assez désagréable. L’homme fit volteface, l’air sonné, puis le médecin se tourna enfin vers Sarah pour répondre à sa dernière réplique : « Nous allons avoir besoin de plus de café, je pense. » Et il tenta un sourire. Misérable échec.

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Sarah Beleau - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Sam 2 Aoû - 18:45

« De café et d'aspirines », répondit-elle sur un ton identique à celui du docteur. Les pieds des chaises métalliques semblaient grincer sans arrêt, dans une cacophonie tonitruante, à en faire hérisser le poil des plus attentifs à cette atroce musique. Sarah faisait partie de ceux-là. Si elle n'aimait guère converser avec ses collègues, elle avait prit en revanche l'habitude d'écouter tout ce qui l'entourait : ce soir, les bruits de mastication, le feulement de la machine à café à l'article de la mort, les babillages inaudibles en fond sonore, ... faisaient naître une migraine piquante dans le crâne de la femme qui, dans un nouveau soupire, avisa son allié. Il ne semblait pas dans un meilleur état que le sien, à dire vrai, si bien qu'il en paraissait presque vieilli, à présent.
Pendant un instant, elle hésita. A faire comme les autres, tous, qui sont peut-être la norme quand le Docteur et elle ne sont que deux marginaux. Lui parler, peut-être, lancer la conversation d'une façon tout à faire naturelle. Mais cette idée l'exaspérait. Elle n'avait pas envie d'être comme eux, pas envie de lui paraître de cette fadeur typique des bonnes gens en société. Sarah voulait s'enfuir, prétexter une rendez-vous important, rentrer chez elle et s'affaler dans un canapé miteux caché dans un recoin de leur magnifique maison.

Ce n'est pas poli.

Non, ça ne l'était pas, c'était même indigne d'elle. Et elle n'avait pas supplié le Docteur de rester à ses côtés pour l'abandonner au premier flanchement. Il lui fallut un petit moment de silence pour se reconcentrer sur leur début de conversation, à eux deux, qui n'avait de cesse d'être entrecoupée par une bande de malotrus curieux qui buvaient leur café avec une dose de sucre à en faire rougir un diabétique.

« Marcher sur leur langue, vous disiez ? Vous avez bon espoir. En bientôt sept ans de travail ici, je n'en ai pas vu un seul s'étrangler ni manquer de salive. De véritables nappes phréatiques à eux seuls. Et dire que l'eau est une denrée rare...Pas si sûr. »

Elle retira ses lunettes pour dissuader ses collègues les plus observateurs d'approcher cette table à nouveau et, doucement, replia une branche puis l'autre, avant de ranger le tout dans la poche de son trenchcoat, avec les notes de son discours.

« Il va falloir être stratège. Si je me lève seule pour aller chercher notre ration de survie, vous allez être abordé. Idem dans le cas inverse. Et si nous y allons ensemble...Nous perdrons notre table. »
Son visage s'illumina sur cette dernière phrase. « Ce qui nous donnerait une raison de nous éloigner de cet endroit et nous replier vers la seconde machine à café. »

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Ludwig Hammerstein - Misanthropie caféinée
Message Sujet: Re: Misanthropie caféinée     Lun 4 Aoû - 4:23

Il ferme les yeux un instant. Comme un enfant , il ferme les yeux pour na spas être vraiment là. Pour ne pas voir, ne pas plonger au cœur de la foule et de leurs discussions qui ne le regarde pas. Il ferme les yeux et compresse légèrement son gobelet brûlant. Sa langue porte encore la trace amère du café et son empreinte se grave lentement sur le gobelet comme les meilleurs tailleurs de pierre l'eut fait par le passé. Le plastique ne fit pas de bruits, pressé avec légèreté, forçant la souplesse de la tasse de fortune.

Lorsqu'il les rouvrit, Sarah Beleau avait retiré ses lunettes. L'étincelle qu'il avait pu déceler dans l'interstice fugace des lunettes et de son visage fut alors confirmée. Des yeux verts le fixait avec certitude, quoi qu'un brin d'amusement. Il l'écouta patiemment, déserrant son étreinte sur le pauvre gobelet qui n'avait rien demandé à personne. Il entrecoupa ses mots de quelques gorgées -tous les deux mots, à peu près- de ce café si mauvais, mais seul moyen de réconfort face à cette foule qui lui semblait si hostile.

Seul? Pas vraiment. Il semblait avoir trouvé une confrère d'ennui dans ce turbulent fleuve de dialogues, de conversations ineptes. La sagacité de la dernière phrase de son interlocutrice lui valut un ample sourire. Parler? Aucune raison de le faire. Il se leva simplement de son siège avec un frémissements des lèvres si particulier qu'il finirait pour beaucoup par le définir. Cependant, le souvenir de ses efforts pour devenir un peu plus sociable se rappela à lui. Dans un effort qui lui sembla surhumain au vue de la situation, il ouvrit la bouge en inclinant très légèrement la tête pour lui dire: "Après vous."

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Misanthropie caféinée

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